Yavikaya, terre sacrée des Aïh-nim

     La genèse de la cité de Yavikaya remonte aux époques primordiales, celles des Anciens. Initialement conçue comme un majestueux dôme enchâssé au creux d’un vaste cratère, la cité a, au fil des âges, perdu de sa splendeur, cédant peu à peu aux forces indomptées de la nature. Bien que géographiquement proche de métropoles imposantes telles qu’Orus ou Estandre, Yavikaya demeure une oasis de tranquillité, principalement en raison des dangers mortels qui accompagnent la traversée de cette étendue sauvage.

La région foisonne d’espèces hostiles, ayant trouvé refuge dans cet environnement préservé. Des archives consultées à la bibliothèque de la Tour Blanche d’Orus établissent un lien direct entre la cité dôme de Yavikaya et la remarquable diversité animale qui caractérise la région. De nombreuses espèces sembleraient résulter de mutations liées à la libération des codes génétiques des créatures stockées dans ce lieu lors du Grand Cataclysme. On suppose que c’est de Yavikaya que provient l’impressionnant Feonn.

De nos jours, au cœur de cette forêt vierge luxuriante, où s’écoulent des cascades et s’épanouissent des plantes exquises, Yavikaya est devenue le refuge d’un peuple pacifiste connu sous le nom d’Aïh-nim.

Les Aïh-nim

     Le peuple de Yavikaya, les Aïh-nim, incarne la paix et la proximité avec la nature, tout en démontrant une capacité à se défendre contre les agressions extérieures. Leur société, peu hiérarchisée, ne connaît ni violence ni notion de propriété. En parfaite harmonie avec la nature, ils écoutent les augures des vénérables Anu et Adapa.

Anu, élu à l’unanimité par son peuple, est le plus fort et le plus sage des jeunes Aïh-nim. En tant que gardien du Kuntarra, la demeure des Dieux, il incarne la justice et la puissance. Anu est l’avatar du Dieu éponyme, créateur du monde. Selon la religion Aïh-nim, le Dieu Anu, le plus puissant de la triade suprême, choisit à chaque génération un homme aux vertus les plus pures pour en faire son incarnation et protéger ainsi son peuple, ainsi qu’Enlil et Ea (aussi appelé Enki). Anu est le protecteur des portes de Kuntarra, la demeure sacrée des Dieux.

Adapa, le serviteur d’Ea, la grande organisatrice de la vie, parle avec sagesse, et ses augures sont écoutés attentivement par le peuple. Souvent le plus âgé des Aïh-nim, il est noté, selon l’Adapa actuel, qu’il a existé dans l’histoire de son peuple des moments où plusieurs personnes ont assumé simultanément cette fonction au sein des Aïh-nim.

L’Anahita

     L’Anahita, la grande rivière mystique, tire son nom des termes Aïh-nim signifiant « la Sainte qui accroît l’énergie ». Cette rivière, d’une importance cruciale pour la vie des Aïh-nim, traverse tout leur territoire, offrant une source d’eau douce d’une pureté cristalline tout au long de l’année.

Cependant, l’Anahita n’est pas une rivière ordinaire. Sa composition minérale, riche notamment en ambre et en améthyste, lui confère la capacité d’absorber et de cristalliser les énergies spirituelles qu’elle reçoit. Cette particularité permet aux Aïh-nim d’éveiller un nouveau Sens, le Sens collectif, qu’ils nomment l’Ameretât, signifiant « l’immortalité ». C’est pourquoi ils la désignent souvent comme la rivière de la vie.

Sur les rives de l’Anahita, pousse en abondance l’Haurvatât, une plante prisée des guérisseurs des terres de Khora. Cette plante renforce considérablement les défenses naturelles et possède la faculté de restaurer la santé des individus malades. Cette association renforce davantage le caractère sacré de l’Anahita aux yeux des Aïh-nim.

L’Ameretât

     L’Ameretât, signifiant « immortalité » en Aïh-nim, désigne un nouveau Sens développé par ce peuple. Chaque jour, les habitants de la Yavikaya offrent leurs prières aux dieux, projetant, dans leur méditation, leur énergie spirituelle dans les eaux sacrées de l’Anahita. Cette rivière accumule ainsi d’énormes quantités d’énergie au fil du temps.

À travers les âges, les Aïh-nim ont découvert comment canaliser cette énergie, créant ce qui pourrait être assimilé au sixième Sens des habitants des terres de Khora. Cependant, la quantité d’énergie est si immense qu’elle devient incontrôlable pour un individu seul, même s’il s’agit d’une divinité de la triade suprême.

C’est ainsi que les Aïh-nim ont inventé l’Ameretât. En unissant leur énergie, formant une entité collective, ils parviennent à maîtriser cette puissance débordante. L’Adapa mentionne un rituel particulier consistant à donner forme à ce qu’il appelle le Scion d’Ea, le protecteur de la forêt primordiale.

Il n’y a pas de limite à l’utilisation de l’Ameretât, si ce n’est la nécessité d’être à proximité de la rivière de la vie pour en bénéficier.